Erik Tegnér : “L’attentat de la préfecture de Police a donné raison à Eric Zemmour”

Par Amaury Bucco de Valeurs Actuelles. Publié le 22/10/2019 à 20:20



Pointé du doigt par L'Express et Libération pour s'être “déguisé en femme voilée” en soirée, Erik Tegnér tient à clore cette polémique et tire un premier bilan de la Convention de la droite, dont il fut l'un des organisateurs. Le jeune adhérent LR revient également sur ses liens avec Marion Maréchal, la polémique autour d'Eric Zemmour, l'élection de Christian Jacob et l'avenir de la Convention de la droite. Entretien.


Hyperactif sur les réseaux sociaux, où il multiplie les prises de position, Erik Tegnér est accusé par une partie de la presse d'avoir moqué les femmes voilées. En cause, deux photos postées sur son compte Instagram faisant référence à l'islam et au voile. Pour Valeurs actuelles, le jeune adhérent LR tient à clore cette fausse polémique et dresser un premier bilan de la Convention de la droite, dont il est l'un des organisateurs avec son mouvement Racine d'avenir.


Valeurs actuelles - Pourquoi ces photos postées sur Instagram ? Est-ce un dérapage ou non, comme le sous-entend L'Express ?


Erik Tegnér. Peu importe le point de vue : a-t-on encore le droit de rire de l’Islam en France ? Ou la moquerie n’est-elle plus que l’apanage de la gauche ? Il y a bientôt 4 ans, la presse entière portait l’étendard de  la liberté d’expression après les tueries insoutenables de Charlie Hebdo qui avait caricaturé Mahomet. Aujourd’hui, je constate que certains journalistes qui défilaient me refusent cette liberté parce que je ne pense pas comme eux ! Je suis sidéré de voir que les premiers censeurs sont devenus les journalistes. Et amusé voir interloqué de constater que leur indignation est à géométrie variable : que disent-ils lorsque France Inter ridiculise Notre-Dame de Paris ? Ou encore lorsque des manifestants de la Gay Pride se déguisent en curés ou en bonnes sœurs, dans des tenues parfois dégradantes ? Il y a une omerta sur la question de l’islam, au plus grand bonheur des islamistes qui doivent se rire de notre naïveté, de notre gêne. L’affaire récente de l’islamiste du conseil régional de Bourgogne Franche Comté – car c’en est une, comme le prouve sa démarche politique à travers son dernier interview revendicatif au CCIF – l’illustre bien : cette femme voilée d’une Hijab a cherché à se victimiser, en déclarant que Julien Odoul avait détruit sa vie. Rien que cela. Nous ne devons rien céder à l’islamisme et à leurs complices, à tous ceux qui se déclarent républicains mais sont les sbires naïfs de l’islam politique. En cherchant à me stigmatiser, et à faire passer une simple blague lors d’une soirée privée pour un dérapage islamophobe – que signifie ce terme d’ailleurs ? -, cette journaliste de L’Express s’est rendue complice de ceux qui veulent porter atteinte à notre modèle français. Et pardonnez-moi, mais dans le pays de Molière, l’humour et l’ironie sont roi : ils ne devront jamais céder le pas face aux nouveaux tartuffes qui sous prétexte de défendre la liberté, la font régresser.  Je refuse de vivre emprisonné dans l’autocensure que nous impose l’air du temps.  



Que pensez-vous des propos de Marine Le Pen en réponse à la polémique, dimanche dernier, dans le Grand Jury RTL LCI Le Figaro?


L'Express doit être frustré, parce qu'ils croyaient tenir un sujet. Mais ça n’intéresse personne. Marine le Pen a bien répondu : elle est dans une émission grand public, elle est à la tête d'un parti qui réunit plus de 10 millions d'électeurs, elle a été deux fois candidate à la présidence de la république, et on l'interroge sur mes deux photos instagram. Admettez que c'est grotesque. Je comprends mieux pourquoi  certains journalistes n’ont pas le temps de faire de véritables enquêtes de terrain, de s’intéresser et de décrypter les grands défis du XXIème siècle : chômage, immigration, insécurité, intelligence artificielle, islam politique.

Vous savez, je ris de cette polémique qui finalement a été monté en épingle par quelques personnes qui ne cherchaient qu’à atteindre Marion Maréchal à travers moi. Heureusement que toute une part de la profession des journalistes a conscience de ne pas travailler chez Closer, mais dans des maisons de médias qui cherchent à informer plus qu’à diffuser des commérages. Ce qui est grave dans cette histoire, c’est qu’elle montre ce pourquoi de nombreux Français n’ont plus confiance dans les médias mainstream. Et c’est cela qui m’inquiète le plus. 



L'immédiateté des réseaux sociaux, où vous êtes très présent, n'est-elle pas incompatible avec le développement d'une réflexion profonde sur la politique ?


 Votre question est extrêmement pertinente. La clé est de toujours avoir en tête pourquoi on agit et pourquoi on fait de la communication : si c’est dans une pure logique de buzz alors c’est une erreur et contre-productif. Si au contraire c’est pour influencer le débat d’idées et agir sur les masses, dans un objectif de conquête du pouvoir pour à terme appliquer des propositions fortes pour le pays, alors c’est nécessaire. Il faut parfois faire le sale boulot comme disait Julien Dray, célèbre activiste de la gauche et fondateur efficace de SOS Racisme. La com’, c’est évidemment un travail ingrat, mais plus que jamais nécessaire contrairement à ce que certains conservateurs disent. Je ne suis pas un intellectuel : mon rôle est au contraire de vulgariser des grands principes définis par une petite communauté de penseurs - Zemmour, Bock Côté, Scruton, etc - pour les diffuser à la masse populaire qui elle, saura constituer un bataillon de militants et d’electeurs . Les réseaux sociaux peuvent être frustrants intellectuellement, mais ils ont ça de bons qu’ils sont intrinsèquement populaires. Et libres. Bien loin des grands médias. En cela, des activistes comme Damien Rieu, fdesouche ou encore Damoclès ont un rôle bien plus importants qu’on ne le croit. Car non content d’influencer les masses, ils sont efficaces par l’influence quasi directe qu’ils exercent sur les décideurs politique. Ce sont les nouveaux leaders d’opinion. La pression qu’ils peuvent exercer sur des politiques, ou au contraire leur promotion, est souvent déterminante  : ils misent sur l’ego des politiques, en quête de visibilité et toujours à l’affût de nouveaux électeurs à conquérir. Leur faille est justement de vouloir plaire, au lieu de chercher la reconnaissance. Et c’est cela que les e-leaders exploitent à merveille. Alors croyez-moi, l’immédiateté de leur action ne leur fait pas perdre contact avec l'idéologie qui les motive. Ils sont bien souvent beaucoup mieux formés que les élus eux-mêmes.  



Depuis la convention de la droite tu es très actifs sur les RS, est-ce afin de faire entendre une troisième voix, entre les LR et les RN ?


Je tiens à rappeler que je suis adhérent de LR, et ce depuis près de 8 ans maintenant. Non élu, je suis ce qu’on peut appeler aujourd’hui un « activiste » : mon rôle est de diffuser des idées, de provoquer des débats, au sein de mon parti et en dehors, de fédérer une communauté de jeunes, de militants, de sympathisants pour influencer à mon humble niveau le jeu politique. Ce sont les minorités agissantes qui façonnent le monde. C’est dans cette perspective que je place mon combat politique, et je ne suis qu’un des maillons d’une longue chaîne qui je l’espère, nous fera un jour accéder au pouvoir. Alors oui, je cherche à élargir le spectre de LR, comme du RN. Je ne crois pas dans les « espaces » : il est inutile de se positionner selon tel ou tel parti. Il faut en revanche, et c’est ce que nous avons cherché à faire lors de la Convention de la Droite, rassembler sur des combats idéologiques et politiques. Que pensez-vous de l’élection de Christian Jacob ?C’est le choix de la continuité. Rien de plus. La base militante de LR est à droite, mais malheureusement légitimiste donc s’est tournée vers le candidat des apparatchiks. J’ai personnellement voté pour Julien Aubert car je ne voulais pas me résoudre à ce que mon parti ne soit plus qu’un syndic de défense des élus locaux. J’espère que lui et d’autres, comme Guillaume Larrivé, ne jetteront pas leur projet de redressement du parti et de rupture avec les centristes aux oubliettes.J’appelle toute cette base de jeunes LR qui a refusé de se rallier à Christian Jacob, à venir militer dans notre mouvement Racines d’Avenir. Ça n’est pas incompatible avec un engagement chez LR – j’en suis la preuve – et il y a beaucoup à faire pour des jeunes qui sont motivés et talentueux ! Nous sommes une véritable pépinière de talents qui choisit la rupture et la promotion de nouveaux visages au service d’un combat idéologique axée sur l’identité et la liberté. Quel bilan, un mois après, de la convention de la droite qui s'est déroulée fin septembre ? On peut avoir l'impression que l’événement a été trop commenté juste après pour survivre dans la durée... Justement, nous avons su à travers cette Convention, pousser nos adversaires à se positionner par rapport à nous et aux thématiques que nous avons soulevées. D’un autre côté nous avons déterminé nos amis politiques à faire bloc autour d’idées communes.  En cela c’est un véritable succès. La polémique sur le voile, qui a fracturé la majorité et rassemblé LR et le RN sur une même ligne idéologique, n’a pas uniquement débuté avec l’affaire Julien Odoul. Les prémices du débat ont été posés lors de la Convention de la Droite et de la polémique qui s’en est suivi sur la question de l’islam et le discours d’Eric Zemmour. Déjà, des ténors de LR comme Guillaume Larrivé, Julien Aubert, Eric Ciotti, Nadine Morano et d’autres, ont adopté la même ligne que le RN en défendant la liberté d’expression d’Eric Zemmour.D’une certaine façon, le bilan de cette Convention, un mois après, ne peut pas encore être totalement dressé car le débat que nous avons contribué à lancer est encore loin d’être terminé. En revanche, on peut d’ores et déjà se réjouir des contacts qui ont pu être noués, car pour la première fois, un député LR Xavier Breton, était aux côtés d’un député RN Gilbert Collard, et ce sans que LR ne fasse tomber des sanctions : ça n’est pas rien ! Sans parler des nombreux élus locaux présents, comme le conseiller départemental LR du 93 Vijay Monany, ou encore de la présence remarquée de personnalités internationales comme la représentante de Donald Trump Candace Owens qui a littéralement conquis la foule !Enfin, la présence de Raphael Enthoven, Olivier Babeau ou encore de Laurent Alexandre a clairement démontré que nous étions capables d’organiser un débat entre opposants et donc de sortir notre courant de pensée de l’ostracisme. 



Que penser des réactions médiatiques après le discours de Zemmour ?


C’est triste de le dire, mais il faut regarder la vérité en face : l’attentat de la préfecture de Police de Paris lui a donné raison, bien malheureusement, à peine une semaine après. Le jour où RTL décidait de se séparer d’Eric Zemmour, le jugeant nocif, un véritable danger assassinait 4 policiers en plein Paris. Notre débat public est depuis trop longtemps aseptisé. Il faut dire les choses telles qu’elles sont. C’est ce qu’a fait Eric Zemmour lors de cette Convention, comme de nombreux autres intervenants. Et nous sommes fiers de leur avoir donné la parole sur des sujets aussi majeurs et fondamentaux pour ma génération. Avez-vous (vous les organisateurs) toujours des contacts avec Marion Maréchal malgré sa déclaration de ne pas se présenter en 2022 ?Marion Maréchal aime profondément son pays, et ce qui s’y passe ne peut pas la laisser indifférente. Il me semble qu’elle n’a pas fixé dans le marbre qu’elle ne se présenterait pas en 2022, mais qu’elle n’en avait aujourd’hui pas l’intention. Qui peut aujourd’hui anticiper ce qui peut arriver en 2022 ? Personne.D’ici là, Marion Maréchal se consacre à son école. Son annonce de ne pas revenir en politique à court-terme n’en était pas une. Elle a toujours été claire à ce sujet. Quant à ses projets politiques ou son envie de revenir dans le grand bain, je n’en sais rien. C’est une femme très secrète vous savez et personne ne peut parler à sa place !



 Sur cette première édition, avez-vous des remords ? Des regrets ?


Pourquoi aurais-je des remords ? D’avoir laissé des personnalités de toute la droite comme de la gauche s’exprimer librement, sans arrière-pensées, dans un événement dont le succès est incontestable ? Si j’ai un regret, c’est de constater que les principales critiques viennent de notre camp. On nous a trouvé trop durs, trop réacs, trop sincères, trop cash : « trop ». C’est le type de réaction de vierges effarouchées qui a tué mon parti. A force d’avoir peur d’être « trop » on se contente d’être « rien ». A force de ne vouloir déplaire à personne, on ne plait qu’à nous-mêmes. A force d’être dans un consensus permanent on tombe dans un vide abyssal. Certains conservateurs mous espéraient peut-être que nous proposions la convention de l’UMP ? Dommage pour eux, ça n’a jamais été l’objectif.



Quelles sont les prochaines suites de la convention de la droite ?


Nous n’avons jamais défini l’union des droites comme objectif de cette Convention, et cela a été mal compris. Tout comme nous n’avons jamais souhaité que cela soit la rampe de lancement de Marion Maréchal ou encore le début de lancement d’un parti politique. La Convention de la Droite, c’est un rendez-vous annuel, qui a pour vocation de réunir des milliers de personnes, une douzaine de partenaires associatifs comme l’IFP et la Fondation du Pont neuf, une majeure partie d’intellectuels de droite mais également de la gauche souverainiste, des élus ou encore des opposants politiques, pour enrichir le débat des idées, faire monter de nouveaux talents, et préparer la reconquête politique et culturelle, sans se soucier des étiquettes partisanes. C’était tout l’objectif, pleinement atteint, défini par François de Voyer du Cercle Audace, Jacques de Guillebon de L’Incorrect, et moi-même.Nous ne sommes pas concurrents des partis politiques mais complémentaires. Nous préparons déjà la deuxième édition de 2020 : elle s’annonce tout aussi excitante que la première et légèrement différente. Nous serons encore plus ambitieux sur les moyens et la diversité des profils. Vous ne serez pas déçus.



 A-t-elle vocation à peser sur les municipales ?


Non, la Convention de la droite n'a pas vocation à peser dans les municipales, mais elle restera présente à l'esprit de nombreux élus et électeurs, surtout lorsque les questions de listes communes ou de reports de voix se poseront. Ce sont les élections régionales qui seront le véritable indicateur de la recomposition politique, un an à peine avant les présidentielles : ici, nous seront actifs et vigilants. 


Lien : https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/erik-tegner-lattentat-de-la-prefecture-de-police-donne-raison-eric-zemmour-112024

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