L’Europe des Peuples contre l’Europe de Bruxelles

Tribune d'Erik Tegnér dans Valeurs actuelles




Tribune. “Il n’y a aucune honte à vouloir défendre les intérêts des Français avant les intérêts européens”, estime Erik Tegnér, candidat à la présidence des Jeunes Républicains sur un discours d'union des droites. 


Alors que les élections européennes approchent, Emmanuel Macron aimerait réduire le débat à une opposition manichéenne entre pro- et anti-Européens. La véritable question n’est pourtant pas de savoir si on aime l’Europe ou non, mais si nous sommes pour ou contre l’immigration massive en Europe, pour ou contre le modèle multiculturaliste en Europe, et pour ou contre le règne sans par-tage de la technocratie et des juges en Europe.

Détachons-nous des illusions de l’européisme béat, qui condamne la droite à n’être que dans l’exultation amoureuse de l’Europe. Il n’y a aucune honte à vouloir défendre les intérêts des Français avant les intérêts européens, ce qui n’est pas incompatible avec la défense de l’Europe. Cette vision est justement de plus en plus défendue chez nos voisins européens, à l’instar de l’Italie, la Hongrie, le Danemark, la Pologne ou encore l’Autriche.


Il serait plus censé de construire l’Europe non à partir d’idéaux dépassés et abstraits, mais à partir de quelques points communs forts que nous avons entre pays européens. C’est en défendant ce socle commun, et non en imposant une idéologie technocratique, en décalage total avec les inspirations des citoyens, que nous saurons réaffirmer une Europe des peuples contre une Europe de Bruxelles. Ainsi, nous pouvons d’ores et déjà dégager deux axes majeurs : l’affirmation d’une immigration zéro en solde net au niveau européen, avec la mise en œuvre de moyens concrets et efficaces pour parvenir à ce résultat. Enfin, il est nécessaire de remettre en question le diktat de la CEDH qui prive la France de toute marge de manœuvre, la laissant aux mains d’un système de pensée conformiste et liberticide.

Durant la seule année 2015, plus d'un million de personnes sont entrées illégalement dans l'espace Schengen, sans compter tous les étrangers entrés légalement. Cette vague migratoire a contribué au rejet massif de l’Europe par une majeure partie des peuples, illustré de façon flagrante par le Brexit en 2016. Malheureusement, trop peu d’enseignements en ont été tirés. La fracture remonte au rejet du Traité européen de 2005, exacerbé par les accords de Lisbonne qui n’affichaient que du mépris à l’égard du vote populaire. Les récents épisodes de l’Aquarius, du Lifeline et des nombreux migrants transportés en Europe par des ONG complices des passeurs ne font que renforcer cette colère ô com-bien justifiée.


Après avoir fait ce constat, plusieurs solutions s’imposent.

Tout d’abord, comme ce qui a été fait avec le Niger, il faut développer des partenariats de collabora-tion avec les pays sources pour les obliger à s’occuper de la présélection. En effet, il y a urgence à ré-former notre système de hotspots en les transformant en centres de rétention à l’extérieur des fron-tières européennes, alors que seuls 13% des déboutés du droit d’asile en Europe sont reconduits à la frontière. Cessons de croire à l’idée selon laquelle l’Europe serait obligée d’être rackettée pour forcer des pays à collaborer, comme ce qui a été fait avec la Turquie. Nous avons de véritables moyens de pression, notamment en conditionnant les millions d’euros d’aides envoyés aux pays africains, prin-cipalement vers le Maroc et l’Algérie.


Ensuite, l’opinion doit être alertée sur une faille de notre système, qui illustre bien la réalité d’une Europe passoire. L’Ukraine, qui n’est pas membre de l’UE, s’est vue accorder, comme d’autres pays du Partenariat oriental, le droit pour ses résidents de ne pas avoir besoin de visas touristiques pour rési-der en France moins de 3 mois. Ces privilèges accordés par une France laxiste n’ont pour seul objectif que de séduire des pays voisins pour adhérer à l’UE, et ils doivent définitivement être abolis. 

Enfin, il faut à tout prix sortir de Schengen, et aller vers une logique de doubles frontières, nationales et européennes. C’est une urgence, car convenir d’une même politique européenne en termes d’immigration est un doux rêve et prendra du temps, même si cela est nécessaire à long terme. Un récent ouvrage de Stephen Smith, « Ruée vers l’Europe », explique que la population africaine va doubler d’ici 2050 et que plus de 40% des 18-25 comptent émigrer en Europe. Or, selon ce géographe reconnu, s’il est nécessaire de contribuer au développement de l’Afrique, notre aide ne sera d’aucune utilité si nous ouvrons nos frontières et favorisons donc la fuite des cerveaux et des jeunes africains de leur continent. Les prétendus humanistes feraient bien de ne pas l’oublier et de cesser leur moralisme permanente, destiné à nous faire culpabiliser.  C’est justement notre discours qui non seulement est salvateur pour l’Europe, mais donnera aussi de réelles chances au continent africain.


Après la réaffirmation d’une Europe de l’immigration minimale, nous devons revenir sur le diktat de la CEDH, où des juges maltais ou portugais s’arrogent le droit de nous empêcher de renvoyer chez eux des terroristes, nous imposant de surcroit une législation sociétale libertaire. La vision politique des juges ne doit en aucun cas supplanter la parole des peuples qui doit seule nous guider. Le Royaume-Uni l’a parfaitement compris en 2013, lorsqu’elle a menacé ouvertement l’UE de sortir de la CEDH si elle n’obtenait pas plus de liberté, ce qui a débouché sur la conférence de Brighton. La France doit instaurer un bras de fer et menacer l’UE de quitter la CEDH si on ne lui accorde pas plus de marge de manœuvre. Nous devons réadhérer à la CEDH en formulant des réserves, ou bien la quitter. Et c’est d’ailleurs ce que proposait le candidat Fillon.

Cette approche pragmatique sur deux points essentiels doit être le modèle d’un projet réformateur pour une Europe des peuples qui ne soit pas contraire aux intérêts français. Alors oui, l’Europe des projets, notamment de l’intelligence artificielle ou de la conquête spatiale, est importante, mais sans ces deux points majeurs, rien ne pourra avancer. Nos élites doivent le comprendre.  Kurz a une vision pragmatique de l’Europe: celle des bonnes volontés allant du Danube jusqu’au rubicon en passant, je l’espère très bientôt, par la Seine. Pour le plus jeune leader européen, l’Europe doit se concentrer davantage sur des domaines centraux comme la sécurité ou le commerce, et restituer les autres compétences aux États et régions, au nom du principe de subsidiarité mais aussi au nom du bon sens. il est animé d’une réelle volonté de créer une Europe efficace, avec en son sein des Etats nations et souverains. 

La droite française a tout à gagner en s’inspirant de ce jeune chef d’Etat prometteur. Elle se distingue-rait davantage en se joignant à cet axe des bonnes volontés porté par Sébastien Kurz et Matteo Salvini. Cette conception réaliste du groupe PPE propose simplement un schisme. Nous passerions d’un groupe PPE   fédéraliste, atlantiste, immigrationniste, collaborationniste avec les sociaux-démocrates, à un groupe ouvertement conservateur sur les questions sociétales, moteur sur les pro-positions concernant la crise migratoire et pro-actif pour dégraisser le mammouth technocratique.


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