Marion Maréchal promet le pouvoir à son camp lors de la «Convention de la droite»

Par Charles Sapin. Publié le 29 septembre 2019 à 10:01, mis à jour le 30 septembre 2019 à 18:21

Marion Maréchal Le Pen et Raphaël Enthoven étaient présents lors de la Convention de la droite qui se tenait ce samedi 28 septembre à Paris. SAMEER AL-DOUMY/AFP


À défaut de faire «émerger une alternative à Emmanuel Macron en 2022», la première édition de la «Convention de la droite» qui se tenait samedi 28 septembre à Paris, aura fait dialoguer, quand ce n’est pas se confronter, droites nationalistes et conservatrices. Les près de 2000 personnes pressées dans l’exotique salle de la Palmeraie, à l’imposante sono et aux nombreux spots lumineux, auront été comme au spectacle. Assistant à la représentation éminemment politique donnée sur les planches, par l’eurodéputé Gilbert Collard, criblant «cette justice devenue instrument de persécution politique». Par le député LR Xavier Breton, griffant le projet de loi bioéthique. Comme par le discours d’une rare radicalité d’Eric Zemmour, également journaliste au Figaro.


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Le philosophe Raphaël Enthoven, classé à gauche de l’échiquier politique, était venu, lui, «déconstruire» la pensée de son auditoire et «esquisser pourquoi [ses] espoirs ne marcheront pas». Malgré un plaisir certain à provoquer son assistance, son discours - à retrouver en intégralité ici - aura moins égratigné l’assemblée que les propos, plus amers, du maire de Béziers, Robert Ménard. «Je me sens abandonné par vous! Je me ‘contre fou’ de la métapolitique. J’arrête de me prendre pour un Gramsci aux petits pieds. Moi, j’ai des urgences. Et ce dont j’ai besoin c’est d’alliés», lâchera l’élu de l’Hérault. Avant d’intimer, entre les lignes, à Marion Maréchal et ses proches: «J’en ai assez des excuses des uns et des autres pour ne pas se présenter à la prochaine présidentielle. Nous avons besoin d’un visage qui incarne ce qu’on a à dire, d’un chef. Il faut arrêter de parler politique, il faut que vous en fassiez. Cela ne sert à rien ce qu’on fait là. La seule chose qui compte, c’est de se donner rendez-vous dans trois ans, mais à l’Elysée.»


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Une injonction à ce que l’édile décrit comme des «bobos de droite» à se retrousser les manches et à s’impliquer réellement dans la vie politique. Lors de son discours, celle qui se défend d’être l’égérie de l’évènement mais qui en aura eu tous les attraits, Marion Maréchal, répondra: «J’entends les impatiences et les frustrations. Mais qui peut penser que nos idées arriveront au pouvoir sans avoir brisé les barrières partisanes d’hier? Nous devons bâtir sur le roc, pas sur des coups médiatiques. Par les idées, par les loyautés, les réseaux et les élus locaux.» Alors que nombre d’élus Les Républicains comme du Rassemblement national manquaient à l’appel, l’ancienne députée du Vaucluse s’est lancée dans un discours digne d’un meeting politique. Définissant cinq défis à relever parmi lesquels le «grand remplacement», le grand «déclassement économique», le «grand épuisement écologique», le «grand basculement anthropologique» ou encore le «grand affrontement des grandes puissances». Loin de préciser quelque ambition que ce soit, la directrice de l’ISSEP a lancé en guise de conclusion à ses troupes «Demain, j’en suis intimement convaincu, nous serons au pouvoir.» Sans répondre à la question: qui incarnera ce nous?


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