Vincent Lambert ou le progressisme à visage découvert

Vincent Lambert, 42 ans, plongé dans un état végétatif depuis 2008, est décédé le 11 juillet à 8h24. C'est la fin d'une affaire longue de plusieurs années, durant lesquelles les différents bourreaux de ce pauvre homme se sont réfugiés derrière des décisions de justice, et notamment derrière les décisions de l'une des plus hautes instances judiciaires du pays, la Cour de cassation. Plus aucune chaîne d'information en continu n'en parle et dans quelques jours – si ce n’est déjà le cas - tout le monde aura oublié Vincent Lambert.

Cependant, il faut rappeler une chose. Ce qui s'est déroulé sous nos yeux n'était ni plus ni moins que le commencement d'une véritable machinerie d'élimination des plus faibles. Une machinerie justifiée par toute sorte d'euphémismes ou de fausses bonnes intentions qui cachent en réalité une terrifiante vérité. Celle d'une société qui ne reconnaît plus la vie à sa juste valeur, et qui veut abandonner peu à peu la protection des plus âgés et des plus fragiles pour satisfaire les revendications des représentants d'une idéologie qui cache de moins en moins bien ses réelles intentions. Ce mal est présent jusque dans notre quotidien : vous avez sûrement entendu plus de personnes dans votre entourage ayant parlé de Vincent Lambert comme d'un "légume" inutile à la société plutôt que d'une vie à protéger sans relâche jusqu'à son dernier souffle. Tout simplement parce que la société française a déjà été colonisée idéologiquement par un libertarisme déshumanisant, qui depuis quelques décennies, ronge la civilisation occidentale telle une maladie de peau.

Mais alors, de quoi l'affaire Vincent Lambert a-t-elle été le nom ?


Pourquoi y a-t-il eu une affaire Vincent Lambert ?


Apparemment, Vincent Lambert souffrait et le fait qu’il continuait à vivre et qu’il soit maintenu en vie constituait une "obsession déraisonnable" ou un "acharnement thérapeutique". C'est d'ailleurs l'un des principaux arguments des partisans de l'arrêt des soins, qu'on appellera ici "partisans de la mort", puisque de facto, "arrêt des soins" veut dire tuer purement et simplement Vincent Lambert, même si la plupart des médias ont tenté de mieux faire passer la pilule.

Eh bien Vincent Lambert ne souffrait pas : le rapport d’experts demandé par la justice administrative a clairement indiqué en novembre 2018 qu'il ne souffrait pas et que son maintien en vie ne constituait en aucun cas une obsession déraisonnable.


De plus, Vincent Lambert n'était pas "branché" : il n'était pas intubé, il n’avait pas besoin de respiration artificielle, son cœur battait tout seul, et la seule chose dont il avait besoin, c'était d’une sonde gastrique pour pouvoir se nourrir et boire, sonde qu’il aurait pu porter même à domicile, en dehors de tout espace médicalisé. Sa seule souffrance, c’est qu’il était enfermé entre quatre murs !


Alors pourquoi y a-t-il eu une "Affaire" Vincent Lambert et une surmédiatisation de celle-ci ?

L'objectif n'était peut-être pas de montrer aux yeux de tous la profonde division d'une famille. L'objectif est plus subtil. Si vous voulez euthanasier un homme en contournant la loi en vigueur tout en faisant passer un message politique, alors autant le montrer publiquement et arriver à le faire approuver par une partie de la population. C'est ni plus ni moins le funeste spectacle qui s'est déroulé sous nos yeux durant quelques années. Mais que sera la prochaine étape ? Une retransmission en direct d'un suicide assisté ? Tout devient possible désormais.


Une manipulation politico-médiatique très efficace


Le suicide de la civilisation occidentale passe aussi par la volonté d'une caste dirigeante déshumanisée de promouvoir des moyens légaux de mettre fin à ses jours, comme le suicide assisté.

Imaginons qu’une personne ne soit ni malade ni en fin de vie, admettons qu’elle soit amputée d’un membre, ou diminuée d’une manière ou d’une autre sans pour autant que son pronostic vital soit engagé : si, à cause d’une baisse de moral ou par dépression, cette personne demandait à mourir, les médecins devraient-ils satisfaire sa demande ? Lorsqu'un individu demande à en finir, c’est avant tout parce qu'il a des tentations suicidaires, et il s’agit plutôt de faire accompagner la personne par un professionnel psychologue et non pas l’aider à se suicider. Le rôle des médecins est d’aider et de soigner, non pas abandonner et euthanasier. Même quand il y a une pression politique, qui est d'ailleurs de plus en plus forte au fil du temps.

Mais émettons une hypothèse : si le patient en question s'était appelé Mahmoud ou Abdelaziz, est-ce que l'Etat français aurait mis autant d'énergie à vouloir obtenir l'arrêt des soins comme il l'a fait pour le malheureux Vincent Lambert ?


Leur stratégie passe par deux étapes importantes. Premièrement, faire passer un simple patient atteint d'une grave maladie pour un "légume" dans les médias afin de faire croire aux masses que sa mort est inévitable.

Deuxièmement, désigner tous les opposants à l'arrêt des soins comme des "ultra-conservateurs" ou des "catholiques intégristes" pour les faire passer pour des fous et ainsi justifier plus facilement le meurtre. Cette stratégie est toujours gagnante en France, d'autant plus que ceux qui la mettent en place sont très puissants, en étant présents au sein des hauts cercles de pouvoir politiques et économiques.


Il est facile de se rendre compte que cette stratégie a marché : car elle a réussi à créer une fracture qui a perduré au-delà des clivages politiques. À la fin du XIXème siècle, on parlait des "dreyfusards" et des "anti-dreyfusards". Eh bien dans la France du début du XXIème siècle, on aura parlé des "partisans du maintien des soins" et des "partisans de l'arrêt des soins" …


On retrouve ce clivage dans presque toutes les familles politiques. Au sein de la France Insoumise, certains libertaires de gauche étaient partisans de l'arrêt des soins, quand d'autres étaient partisans du maintien des soins, voyant cette affaire comme le marqueur d'une idéologie ultra libérale qui voudrait s'en prendre aux plus faibles. Du côté du Rassemblement National et de sa présidente, nous avons malheureusement eu le droit à un silence assourdissant - peut-être parce qu'aucun sondage n'a été publié sur cette affaire - même s’il existe également un clivage fort : certains militants ou sympathisants sont attachés aux valeurs conservatrices et au droit à la vie et d'autres, notamment parmi les classes très populaires et les ouvriers, n'ont pas saisi l'importance de cet enjeu alors que celui-ci les concerne directement. La famille politique qui reste la moins divisée est évidemment celle des Républicains, avec une majorité des cadres qui se sont prononcés en faveur du maintien des soins (le contraire aurait été un scandale).

À l'avenir, la Droite française ne devra pas abandonner le combat pour la défense de la vie qui est de plus en plus malmené par ce que beaucoup appellent "la religion du Progrès".


Oui à la vie !


La volonté de préserver à tout prix la vie et de lui redonner toute l'importance qu'elle mérite n'est pas un "délire" de catholique intégriste ou d'ultra-conservateur comme pourrait le penser une partie de l'opinion publique. Il suffit d'ouvrir un livre de sciences pour se rendre compte que l'existence de la vie sur Terre est déjà exceptionnelle. La vie est bel et bien un miracle. Malheureusement, une grande partie de l'opinion publique, et notamment les plus jeunes, n'ont plus conscience de l'importance de la vie. Le confort donné par la société d'abondance mais aussi le fait d'être entouré par une famille font croire à une invulnérabilité qui pourtant est artificielle. En réalité, nous sommes tous vulnérables et aucun être humain n'est immortel.

Voilà pourquoi la vie est si fragile, voilà pourquoi ce cadeau inestimable doit être protégé, et indiscutablement. Le fait d'ouvrir un débat sur l'euthanasie, le suicide assisté ou la légalisation totale de l'avortement est déjà le marqueur d'une civilisation en déclin. Depuis quelques temps, une certaine caste très puissante et ouvertement cosmopolite a décidé de faire de la laideur la nouvelle norme face à la beauté, de faire de la soumission la nouvelle norme face à la résistance et la volonté de puissance, et maintenant elle souhaite faire de la mort la nouvelle norme face à la vie.


Pour certains, l'affaire Vincent Lambert restera dans les annales comme étant une affaire sans intérêt, qui n'a concerné qu'un cas précis. Mais quand il y aura 100 cas semblables à celui-ci, puis 1000, puis 10 000, jusqu'à ce qu'eux-mêmes soient concernés, que diront-ils ?


Germain KUEN

Pôle Tribunes & idées de Racines d'Avenir

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